Séries

Véhicule

Je suis parti de l’idée ma première photographie : un homme qui marchait sur la route, en noir et blanc.

Lors de mes voyages, je me retrouvais souvent dans des  « inter-mondes », gares, aéroports, lieux de transits où dans les véhicules qui nous transportent.
Dans ces voyages, dans ces transits, je mettais en mouvement ma vie et sa mémoire.
Je photographiais. Le plus loin j’étais, le plus proche j’étais de mes souvenirs.

Dans ces territoires, les photographies sont réalisées à la volée.
Je marchais dans des zones d’ombres et de lumières sur les ponts, je prenais des passages, je regardais le goudron fissuré comme une carte, les signes urbains délimitant l’espace et s’ouvrant à mes yeux,  les passagers entraient dans mon espace photographique.
Un espace mental.
Ces déplacements montrent l’homme dans le monde, dans l’action du voyage, et aussi une nouvelle façon pour lui de regarder le temps qui passe.

Que signifie aujourd’hui cette envie constante de se déplacer, de communiquer, d’échanger ?
Mondialisation, multiplication des échanges, les hommes comme les marchandises se déplacent de plus en plus…
Alors qu'il maîtrise de plus en plus sa façon de se déplacer, l’homme élabore et met en place des nouveaux moyens d’aller toujours plus vite, toujours plus loin.

Une certaine manière de s’éloigner de son propre univers pour seulement le créer ailleurs d’une manière plus incisive.
Être voyageur est-il devenu un métier?
La sédentarité n’est presque plus possible. La migration devient un véritable moyen d’expression.
L’homme voyage d’un monde à l’autre, il se perd pour peut-être se retrouver.

À l’heure du réchauffement climatique, la question du véhicule est posée, mais l’homme a toujours voyagé, (ce sont donc les moyens qui doivent changer pas la motricité des hommes).
Seulement la terre souffre de ces émissions de C02 et nous allons vers un changement, irréversible. Ces photographies donne à voir un espace poétique du changement, du mouvement, du déplacement.

Dans la religion bouddhiste, le corps est le véhicule de notre âme.
On peut aussi voyager sans bouger, voyager dans sa tête…
L’accroissement de ces déplacements retranscrit personnellement une quête identitaire et spirituelle.
Pour  mieux se comprendre faut-il aller vers l’autre ?
C’est un voyage vers l’autre, la conquête d un nouveau monde jusqu’ alors inexploré. Voir par ses propres yeux ce qu'est « l’ailleurs ».