Séries

Le passeur des jours

Séries de photographies et film.

Passage entre le ciel et la terre, être dans un espace en devenir
Dans la peinture de la renaissance, les échelles étaient peintes pour que les anges ( n’ayant pas de représentation d’ailes à ce moment-là ) puissent descendre sur terre.

Les échelles existent partout dans le monde, elles témoignent d’une grande universalité, en ce qui me concerne d’une grande rêverie, le lien entre le terrestre et le Céleste.
La nature du mot échelle se traduit aussi par un rapport à la topographie, donc à l’espace au territoire.
Un espace de transitions, l’intentionnalité de passer d’un monde à un autre.
L’échelle constitue le moyen de passage, une réaction, une intention.
On peut traduire aussi l’échelle du désespoir, cette échelle ne serait-elle pas l’évasion d’un lieu vers un autre.
L’échelle de désespoir de Beck, (hopelessness rating scale) : celle-ci évalue le désespoir, qui constitue une dimension du risque suicidaire. L’échelle comme prévision ?
La recherche de l’amour, la fuite d’un état vers une nostalgie de l’infini.
Le passage de la terre au ciel, un état de grâce qui se souvient de l’ascension ou de la chute des anges.

Aussi je ne porte pas de jugement mais plutôt une rêverie, dont l’essence est de donner à voir à sentir un passage, des passages dont la nature « physchique » de l’homme est porté.

Je ne cherche pas à montrer clairement des évidences de style photographique ou de pensée canalisée mais de donner à voir des sentiments des énergies qui témoignent d’une actualité où les gens ont subi et ont souffert
Une écriture poétique émerge d’elle-même de la main d’un homme qui se cherche, qui interroge, les actes, les errances du monde et de son histoire.

« En poésie, on n’habite que le lieu que l’on quitte, on ne crée que l’oeuvre dont on se détache, on n’obtient la durée qu’en détruisant le temps. Mais tout ce que l’on obtient par rupture, détachement et négation, on ne l’obtient que pour autrui. La prison se referme aussitôt sur l’évadé. Le donneur de liberté n’est libre que dans les autres. Le poète ne jouit que de la liberté des autres ».
Préface de rené char. Rimbaud « Poésies.une saison en enfer »
Dans une volonté et un rapport immédiat, il n’est important de témoigner du monde, mais, non pas dans une relation directe au documentaire, mais plutôt dans une mise en scène car je trouve
pathétique la relation à générer des oeuvres d’art dans une réalité qui n’offre pas une pensée spécifique à un engagement de l’artiste.

L’idée même d’une marchandise qui rejoint un espace souverain et de là, le même fondement de la souffrance, qui habite le point d’orgue de cette réalité, de « l’origine du mal ».

Ce travail essaie donc dans un engagement qui trouvera ou pas dans une proposition qui rejoindra votre histoire.
Car l’histoire se répète.
Van gogh prophétise que « la tristesse durera toujours ».
Un certain goût pour la vie, un souffle d’espoir, sans renverser le deuil en manie, justement par une entreprise sublimatoire sur la chose perdue (Julia kristeva).

Marcel Duchamp disait que le mot art venait du sanscrit qui veut dire faire ; C’est ce que j’essaie de faire, transcender une idée, une pensée vers l’objet.

Le mur de la honte trouve aussi sa forme en Israël où j’ai vécu pendant deux ans.
Point de départ de mon engagement politique et humaniste.
Faire partie de cet événement, c’est aussi de lutter contre les autres murs dans le monde.
Bien que les murs existent physiquement ils sont d’abord dans la tête.

Mes échelles sont là pour leur faire face.

La nature physique du film photographique est aussi d’une composition qui ressemble à l’échelle, chaque négatif est séparé par une barre noire, chaque vide dans une échelle peut aussi être analysé comme une image.

Pour cette série, je travaille en studio dont le fond est blanc, avec des modèles hommes et femmes, de couleurs différentes.
Au travers de non-représentation d’un lieu j’universalise cet espace comme un lieu en général. Les modèles sont d’origine : coréenne, slovène, belge, africaine et israélienne et japonaise.

15 tirages couleur 100X120 cm / Film 8 minutes, édtion à 5 exemplaires + 1 EA